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L'historique

Ce que nous savons de l’origine du tableau :

L’historique ancien de la toile peut être retracé grâce à quatre documents d’archives :

  • La lettre d’Ottavio Gentili au duc de Mantoue du 15 septembre 1607
  • La lettre du peintre Frans Pourbus au duc de Mantoue le 25 septembre 1607
  • Le testament de Finson en septembre 1617
  • L’inventaire après décès d’Abraham Vinck, associé de Finson en 1619 à Anvers.

Le 25 septembre 1607, le peintre flamand Frans Pourbus (1569-1622) écrit de Naples au duc de Mantoue pour lequel il travaille, qu’il y a vu proposés à la vente deux tableaux de Caravage qu’il qualifie de « bellissimi », il Rosario, qui n’est autre que la monumentale Vierge du Rosaire, aujourd’hui au Kunsthistorisches Museum de Vienne, et un « Holopherne et Judith ».

Les prix demandés sont énormes. La Vierge du Rosaire, un grand tableau d’autel, est proposé au prix de 400 ducats. Judith et Holopherne à celui, à peine inférieur, de 300 ducats. Rappelons qu’en avril de cette année-là, le même duc de Mantoue avait payé 280 ducats la célèbre Mort de la Vierge, aujourd’hui au musée du Louvre.

Sa trace se perd en 1619 à Anvers. Différents documents conduisent à penser que les deux toiles sont alors en vente dans l’atelier de deux peintres-marchands associés, alors présents à Naples, Louis Finson (1580-1617), originaire de Bruges, et Abraham Vinck (1575-1619), originaire d’Anvers. On peut penser, sans certitude, que c’est Caravage lui-même qui leur avait confié les tableaux.

L’affaire ne se fait pas, puisque l’on va retrouver les deux tableaux dix ans plus tard à Amsterdam, dans le testament de Finson, en septembre 1617. Celui-ci les lègue à Vinck, qui était propriétaire pour moitié. La Vierge du Rosaire sera achetée par un groupe d’artistes, rassemblé par Rubens et Bruegel, pour en faire don aux Dominicains d’Anvers. Elle parvient à la fin du XVIIIe siècle dans les collections de l’Empereur Joseph II et se trouve depuis lors à Vienne. Le sort de Judith et Holopherne à ce moment est inconnu. Il pourrait s’agir du tableau que l’on trouve à Anvers en 1678 puis en 1689, ce qui signifierait qu’il n’a pas quitté les Pays-Bas au XVIIe siècle. Ce ne sont ensuite que les évidences matérielles, toile de rentoilage et châssis, qui attestent de sa présence en France à la fin du XVIIIe siècle ou au début du siècle suivant.

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